Accueil, Nouvelle-Zélande, Voyage

Pourquoi nous avons écourté notre voyage en Nouvelle-Zélande

Je préfère vous prévenir à l’avance, cet article sera beaucoup moins joyeux que les autres et beaucoup plus négatifs que ce que vous avez pour habitude de lire. Je tiens également à vous préciser que cet article n’est en rien une plainte car nous sommes conscients de la chance que nous avons eue de partir à l’autre bout du monde. C’est plutôt notre ressentie et notre vision des choses, après avoir vécu  10 mois en Nouvelle-Zélande.

Tout d’abord, je souhaite revenir sur notre retour  » à la maison », après nos vacances. Il fut très chaotique et cela n’a fait que confirmer notre désir de partir… Notre van se trouvait à Auckland et nous avons dû traverser toute l’île du nord pour pouvoir prendre le ferry, pour enfin passer à l’île du sud. Sauf qu’en cours de route les essuies glaces du van ont totalement lâché et, comble de malchance, il n’a fait que PLEUVOIR. Imaginez la scène, moi essayant, par la vitre, d’essuyer l’eau du pare brise et un Thomas qui hurle parce qu’il ne voit rien… Nous avons donc dû faire un stop à Taupo pour les faire réparer. Nous pensions nous en sortir pour pas grand chose, mais il s’avère que les essuies glaces ont leur propre moteur et que le notre était mort !!! Comme, de plus, notre van est un ancien modèle, la pièce était plus rare, je vous laisse imaginer le prix… 680$ POUR DES ESSUIES GLACES ! Tout ça, bien évidemment, le lendemain de notre retour de vacances…. Nous avons quand même eu le temps de visiter Wellington (capitale de la Nouvelle-Zélande et de prendre notre ferry).

Après toutes ces péripéties, nous avons fini par arriver dans l’île du sud. Nous avions, en amont, décidé de poser notre maison roulante à Blenheim, pour y trouver du travail, mais évidemment rien ne s’est passé comme prévu..

Pendant près d’un mois nous avons cherché un boulot, en vain! Tous les jours nous faisions les vignobles, les centres commerciaux, les restaurants, les stations essences, les usines… On allait toquer PARTOUT ! Nous sommes allés jusqu’à Nelson pour trouver du boulot, mais RIEN. La saison pour les « PVTistes », dans cette région, ne reprenait que mi-octobre ! Vous me direz:  » mais pourquoi n’êtes-vous pas descendus dans l’île du sud ? ». Mais parce qu’Ophélie et Thomas avaient trouvé une collocation, sans même avoir de boulot, et nous avions un accord jusqu’à début novembre. Encore une fois nous avons fait les choses à l’envers… Et le pire, c’est que cette collocation s’est super mal passée, car la cohabitation avec des personnes de différentes cultures (surtout indienne et je ne suis pas raciste) s’est avérée très compliqué… Je pense que nous n’avons pas la même notion du  » respect » et les relations sont souvent très vites montées dans les tours…!! Nous avons tout de même fini par trouver un premier travail, d’une semaine, d’entretien dans les vigne. Quelques jours après, un autre job, où nous étions Packer (empaqueteur) dans une usine de moules, pour un mois et demi ! Nous commencions très tôt le matin, finissions à 15h, et nous avions nos weekend. Donc, pas affreux en soit comme boulot, mais pas non plus la folie ! (pour mettre un peu de bonne humeur dans cette article, regardez comme nous étions beaux).

Après ce « merveilleux boulot », nous avons donc pris notre envol pour l’Australie, le 2 novembre pour un road trip de 3 semaines, comme vous avez pu le lire dans les précédents articles … Pendant notre séjour, nous nous posions déjà la question de savoir, si oui ou non nous quittions pour de bon la Nouvelle-Zélande, à notre retour, où si nous y restions pour se faire encore un peu d’argent… C’était surtout le van qui posait problème, car ce n’était pas encore la bonne saison pour le vendre, donc nous ne savions pas trop quoi faire !!! Arrivée à l’aéroport, après un fabuleux séjour… le drame en attendant les bagages. Grosse crise d’angoisse et de pleurs, j’étais inconsolable ! Thomas arrivait tant bien que mal à me calmer (le pauvre), en plus il faisait un temps de chien dehors.. LA TOTALE ! En sortant de l’aéroport, Thomas m’a regardé et il m’a dit:  » Je ne veux plus qu’on se mette dans ces états pour ce pays, on est parti de France pour voyager et kiffer et ce n’est pas le cas. On s’en va, on ne reste pas !!! ». Je peux vous assurer que ses propos n’étaient pas rentrés dans l’oreille d’une sourde… Ni une ni deux, en arrivant le soir au camping, je me suis activée pour faire les photos du van et pour préparer l’annonce, pour la vente. Elle fut postée le lendemain, à mon réveil, et les 2 jours qui ont suivi, nous avions déjà 3 visites de prévues pour le week-end. Le van fut vendu dans la foulée. Acheter dans la même journée nos billets d’avion pour décoller, quelques jours plus tard, pour l’Asie à nouveau et plus précisément Bali. 

Passons maintenant sur les raisons qui nous ont poussées à écourter notre PVT en Nouvelle-Zélande 

Un pays que nous avions beaucoup trop idéalisé:

En regardant sur les blogs, en demandant l’avis à des proches ayant déjà fait ce pays, on nous promettait des paysages incroyables, à couper le souffle, des randonnées que l’on retrouve nulle part ailleurs et des grands espaces avec personne aux alentours… Pourtant, malgré les nombreux kilomètres parcourus avec notre maison roulante, nous n’en sommes jamais tombés amoureux. Je n’ai pas le souvenir d’avoir été un seul moment en extase devant les paysages qui s’offraient à nous, ni même d’avoir dit une seule fois à Thomas: « Whouaa c’est dingue ». Alors, je vous l’accorde, c’est un très beau pays et je comprends tout à fait que beaucoup de voyageurs l’aiment, mais malheureusement, il ne correspondait pas à nos attentes.  Le mal du pays s’est installé assez rapidement, pour Thomas et moi, et le fait de bosser n’a pas arrangé les choses. Alors je vous l’avoue, je ne suis pas très objective, car nous avons visité que l’île du nord et une partie de l’île du sud. Je n’avais pas souhaité, à notre retour d’Australie, en voir plus. Puis Thomas, l’ayant déjà visité par le passé, m’a certifié que, certes c’était jolie (comme l’île du nord) mais cela ne « cassait pas trois pattes à un canard » !!. Je trouve que, comparé aux paysages qu’offrent d’autres pays, ce n’est pas si grandiose que ça!! Nous avons fait beaucoup d’autres pays et je peux vous dire qu’il y a des paysages plus féeriques ailleurs et même tout simplement, sans aller très loin, dans notre belle France (et ça je m’en suis rendu compte seulement en visitant ce pays).

Une ambiance locale plutôt « platonique » :

Il y règne une atmosphère assez triste et surtout nous avons remarqué un grand manque de dynamisme. Même dans les grandes villes, comme Auckland, Wellington ou Christchurch, nous avons trouvé qu’il ne se passait pas grande chose… Le pays manque réellement d’une âme… C’est assez compliqué de mettre des mots sur ça et de l’expliquer car il faut y vivre pour le comprendre. Je pense surtout que sa faible population y contribue pas mal aussi. 

Un climat assez mitigé :

Je dirai que la Nouvelle-Zélande est un peu la sœur jumelle de l’Angleterre. Il pleut beaucoup plus souvent qu’il ne fait soleil. Les températures n’ont jamais dépassé les 25 degrés l’été, ce qui ne rend pas propice la baignade malgré les jolies plages. Les Néo-Zélandais vous diront que le climat est similaire à la France, c’est à dire tempéré, mais je peux vous assurer que c’est totalement faux. En une journée vous pouvez retrouver les 4 saisons… Alors certes nous savions à quoi nous attendre avant de partir, mais quoi qu’il en soit, le manque de soleil a commencé à jouer sur le moral. Et vivre en van quand il pleut souvent, ne facilite pas les choses…

La culture :

Nous étions venu dans ce pays pour être dépaysé, tant au niveau des paysages que du mode de vie et nous avons retrouvé une culture très Américaine. Durant un voyage de quelques semaines, cela ne pose pas de problème, mais pour nous qui y vivions c’est devenu, à la longue,  assez lassant… Ici la culture fast-food est omniprésente, vous en avez à la pèle, et je ne vous parle même pas de leur nourriture : que de l’industriel toujours vendu en pack familial ! Au final on ne s’étonne même pas de voir un taux d’obésité assez important chez eux… Les courses pour nous étaient toujours un véritable casse-tête. Si vous voulez manger sainement, il faut débourser beaucoup plus que d’ordinaire car les fruits et légumes sont très très chers (même sur le bord de la route comme le conseillent de nombreux voyageurs, mais c’est un mythe). Donc, en gros, soit vous dépensez l’argent durement gagné dans des produits logiquement abordables, soit vous vous adaptez en essayant de faire attention. 

Un stress trop pesant au quotidien :

La vie en van n’est pas un côté qui nous a tant dérangé, puisque nous avions suffisamment investi pour avoir de la place et pour s’y sentir bien. Je dirai que c’est plutôt les nombreuses galères que nous avons eues, avec ce van, qui ont rendu ce voyage beaucoup plus stressant…  Toujours avoir peur de tomber en panne et de payer les réparations une fortune. Toujours compter l’argent, car le coût de la vie ici est assez cher, comparé à l’argent que nous gagnions… En fait c’est toujours se préoccuper de quelques chose, ne jamais lâcher prise  et ça nous a fortement dérangé de vivre pendant 10 mois de cette façon. Rassurez-vous, j’ai très bien conscience que la vie est semée d’embûches et que ça ne sera pas toujours rose. Mais ce n’était pas le but de ce voyage et ce n’était pas ce qu’on s’était imaginé avant notre départ. Nous étions venus dans ce pays pour vivre une aventure totalement différente de la première, et aussi pour casser cette routine de « métro boulot dodo »… Nous pensions que la vie en van nous permettrait de changer cela, mais on s’est vite rendu compte que c’était la même chose qu’en France, mais dans un espace beaucoup plus réduit, avec des boulots assez dévalorisants, pour gagner moins et se restreindre beaucoup plus.

Bilan :

Selon nous, la Nouvelle-Zélande est un pays certes très joli, mais vraiment surfait, surtout en vous le vendant comme l’un des plus beaux du monde.  A notre avis, il est préférable d’y venir faire un road trip d’un mois, pour vraiment ne voir que le bon côté de la Nouvelle-Zélande et éviter tous les points que je vous ai énoncés, qui vont obscurcir votre voyage. Avec le recul, je pense surtout que la Nouvelle-Zélande est un pays qui n’était tout simplement pas fait pour nous et qui ne correspondait pas à nos attentes. Nous adorons mélanger à la fois la ville et la nature, mais nous n’avons pas trouvé une symbiose entre ces deux. Pour en retenir que le positif, nous aurons compris avec Thomas que voyager de cette façon ne correspondait plus à notre vision de la vie. Nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin de stabilité, d’un travail qui nous rend heureux et surtout de construire notre petit « cocon », comme je le dis souvent à Thomas. Nous sommes arrivés à un âge où voyager ne suffit plus à notre bonheur, enfin du moins, plus de cette façon. Il nous aura fait prendre conscience aussi, que vivre loin de ses proches est un aspect assez compliqué à gérer (surtout pour moi) et que nous souhaitions nous stabiliser en France, ces prochaines années, mais certainement pas pour toute une vie. Nous continuerons quand même voyager, car nous adorons ça, cela ne nous quittera jamais, mais sûrement moins longtemps et pas de la même façon.

Pour en finir sur cet article, vous l’aurez donc compris, nous sommes partis 2 mois avant la fin de notre PVT, à cause d’un mal du pays omniprésent et pour vivre une dernière fois l’aventure que nous avons vécue il y a presque 3 ans. Nous allons finir notre périple en voyageant seulement et en profitant de ce que chaque pays pourra nous offrir, sans se préoccuper du reste. C’est pourquoi nous avons décidé de repartir à Bali, et de compléter notre liste de pays avec, en suivant, la Birmanie, le Vietnam, les Philippines et à nouveau la Thaïlande avec mes parents. On se retrouve donc dans le prochain article en Asie, pour de toutes nouvelles aventures à travers le globe !

PS : En bonus, je vous mets les photos du 25ème anniversaire de Thomas (le même jour ou la France à gagné une seconde fois la coupe du monde) dans la Sky Tower D’auckland.

 

 

You may also like

Leave a Reply