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3 mois dans les kiwis

Le titre de l’article parle de lui-même… Nous avons passé 3 LONGS MOIS à enchainer différents travaux dans les kiwis afin de pouvoir financer la suite de notre voyage en Nouvelle Zélande, mais également d’autres destinations dans le globe. Je peux vous garantir que ces 3 mois ont été remplis de hauts et de bas ! Ne pensez pas que je vais me plaindre, non loin de là, mais je préfère être honnête en vous disant que le voyage ce n’est pas toujours aussi rose que l’on pense, même quand on se trouve dans un pays autre que le sien.

Notre petite maison roulante s’est donc posée dans la région de Bay of Plenty, capitale du kiwi. Nous avions décidé de loger à Papamoa Beach, à 10 minutes de Te Puke, la région où se trouvent la plupart des champs et usines à kiwi. Nous logions dans un camping juste en face de la plage. Comme nous sommes arrivés en été, nous allions tous les jours nous promener et nous baigner avec Thomas et c’est tellement agréable de se sentir en vacances même quand vous travaillez. L’ambiance n’est pas du tout la même, et vous abordez les choses beaucoup plus positivement.

Au-delà de ça, nous sommes tombés sur un camping vraiment bien. Douche propre, cuisine avec frigo, congélateur et four, un grand salon avec télé et canapé, table de ping-pong, mini golf et une petite ” Hot Pool” (génial quand vous rentrez du boulot) pour seulement 12$ par nuit et par personne (mais uniquement pour les saisonniers). L’ambiance est également très familiale et posée car vous n’avez pas le droit de consommer de l’alcool ou de fumer dans le camping. Mais Thomas, tel un enfant, n’a jamais respecté ces deux règles, bien évidemment.

Ce camping nous aura apporté beaucoup de joies mais également beaucoup de galères ! Nous y aurons surtout fait la connaissance de gens formidables qui auront rendu ces 3 mois inoubliables et indescriptibles. Petite pensée pour Clara et Martin, un couple de Français de notre âge pour qui nous avons eu un réel coup de cœur. Nous avons passé 1 mois ensemble à refaire le monde, à rigoler, à faire la fête… Ils sont partis beaucoup trop tôt, mais nous sommes toujours en contact et nous les reverrons, pour sûr, à notre retour en France. Ici les sentiments sont décuplés et comme dirait Thomas: “arrêtes, on n’est pas dans une télé réalité”. On s’attache beaucoup plus vite aux gens car vous êtes loin de vos proches. Bien évidemment, nous avons également fait par la suite de très belles rencontres avec qui nous aurons passées l’intégralité de la saison et avec qui nous aurons également eu de bons moments. 

Nous y aurons connu également de nombreuses galères, car la vie dans un camping n’est pas toujours facile, surtout quand il pleut et qu’il fait froid… Dois-je vous rappeler que nous n’avons pas de toilettes et de douche dans le van, donc imaginez-vous la nuit, quand vous avez envie de faire pipi et que les toilettes sont à l’autre bout du camping, qu’il pleut et qu’il fait 7 degrés !!! Je peux vous dire que le calcul et vite fait : pipi devant le van et tant pis pour les odeurs ! Même refrain le matin, quand vous vous réveillez à 7h et que vous recevez une grosse claque de froid qui vient vous ramener doucement à la réalité. Je peux vous dire que chaque matin la distance entre vous et la douche vous paraît à des km ! Le pire ce n’est même pas ça… C’est que la douche coule seulement 6 minutes, vous avez un minuteur qui fait “BIP” à la fin de chaque minute : INSUPPORTABLE ! Mais même avec ça, j’oubliais que les minutes défilaient et je me retrouvais parfois avec du shampooing encore dans les cheveux… Je peux vous dire que je ne me gênais pas d’en prendre une deuxième (mais vous devez quand même attendre 2 minutes dans le froid que le moniteur se remette en route).  Et à la cuisine, 8 plaques pour TOUS les saisonniers… Au moins, nous aurons connu un autre type d’embouteillage, pour faire à manger !  Est-ce que nous pouvons aussi parler du fait que nous mangions dehors et de faire des barbecues sous une température qui s’élevait à peine à 10 degrés… EST-CE QUE VOUS AVEZ DÉJÀ VÉCU ÇA EN FRANCE ??? Non Je n’aurai jamais cru le vivre un jour. Sérieusement je peux vous dire que je ne verrai plus l’hiver de la même manière en France et je ne me plaindrai plus autant du froid. Grâce à cette fabuleuse vie au camping, nous avons bien évidemment était malade ! (deux angines, une grippe et une gastro). Mes proches vous diront qu’une Ophélie qui n’est pas malade au moins une fois dans le mois ne peut pas être possible. Les joies du camping et nous n’en avons pas encore fini car il nous reste 6 mois en Nouvelle-Zélande ! Sans parler également des problèmes que nous avons eu avec le van : plus de batterie, fuite d’eau à cause de la pluie, contrôle technique qui ne passait pas pour un petit point de rouille (qui nous aura coûté assez cher d’ailleurs) ! Tous ces petits incidents, même si vous êtes dans un environnement totalement différent qu’en France et que vous ne travaillez pas réellement, ont fait que parfois nous doutions sincèrement de notre capacité à continuer le voyage dans ces conditions-là… Mais avec le recul aujourd’hui, nous trouvons que ce n’était pas si terrible et comme vous pouvez le constater, nous avons survécu ! 

Pour revenir au travail, comme je vous le disais plus haut, nous en avons enchainer 4 différents :

Enlever des orchards (champs) les petits et mauvais kiwis : nous l’avons seulement fait une journée en attendant de commencer notre véritable travail. 

Fabrication des boîtes de kiwi : Ce travail je l’avais déjà trouvé en France grâce à un couple d’amis que nous avions rencontré dans notre précédent voyage. Nous avons travaillé pour deux grosses entreprises à Te Puke : Travayllans et Seeka. C’est un travail qui est payé au rendement et qui vous permet de mettre une somme assez conséquente de côté si vous êtes rentable assez rapidement. Sauf que c’est TRÈS PHYSIQUE et je ne plaisante pas du tout. Je n’ai jamais autant transpiré de ma vie (même au sport je n’ai jamais autant sué). Nous avions, avec Thomas, les tees-shirts trempés ! Vous êtes à deux sur une machine. Pendant que Thomas cassait et mettait les cartons dans la machine, je devais les prendre et les empiler le plus rapidement possible sur une palette et tout ça en faisant 38 boîtes à la minute, super dur !!!! Nous travaillions, de plus, la nuit, ce qui rendait ce travail plus difficile physiquement et mentalement. Nous avons tenu seulement 2 semaines… Nous avons eu énormément de conflits avec notre patronne qui nous a baladé un peu dans tous les sens mais une histoire qui ne vaut même pas la peine d’être racontée.

Préparation des boîtes de kiwis : 2 jours après, nous avions déjà trouvé un boulot en Packhouse, cette fois-ci pour un travail beaucoup moins “prise de tête”, mais payé à l’heure, à Easpack. Vous êtes devant un énorme tapis roulant de kiwi qui sépare deux postes : ceux qui mettent les films plastiques sur les boîtes des kiwis, afin qu’ils ne puissent pas bouger pendant le transport (cela peut varier en fonction des tailles de kiwi et des boîtes),le poste que nous occupions et ceux qui empaquettent les kiwis. C’est assez difficile d’expliquer par écrit donc voyait par vous-même sur les photos. C’est le travail qui aura bercé, pendant 2 mois, notre quotidien… Je peux vous dire qu’on en aura passé du temps à refaire le monde et avoir des discussions des plus improbables ! 10h de travail par jour et 6jours/7, c’est long. Heureusement que nous y avons rencontré d’autres personnes, surtout pas mal d’étrangers, ce qui nous aura permis de perfectionner notre anglais. Il y avait également toute la journée de la musique pour nous motiver. Nous avions même le droit le matin, avant de commencer, à un cours de fitness pour ” réveiller nos muscles ” ! Pas un travail horrible en soit, juste ennuyeux et long !  

Picking : Au final, nous avons fini par en avoir vraiment marre de rester 10h à mettre des plastiques dans une boîte et gagner une paye de misère. Nous avons arrêté deux semaines avant la fin de notre contrat pour changer d’environnement et pour gagner un peu plus d’argent, car c’est également un travail au rendement. Nous l’aurons fait seulement pendant 5 jours car la saison s’est terminée assez rapidement, à cause du climat. Je pensais que la fabrication des boîtes était le travail le plus difficile que j’ai fait jusque là,  mais c’était sans compter avec le travail au picking qui finalement s’avère beaucoup plus dur. Étant donné que c’est au rendement, il faut tout le temps aller vite pour pouvoir gagner un maximum d’argent et sachez que vous avez la même charge de poids que les garçons (soit 20 kilos quand le sac est plein). C’est un travail que j’ai détesté faire avec Thomas et le mot est faible. Vous êtes par équipe de 15 et il y a énormément de compétition, déjà entre les équipes, mais également entre les personnes de votre équipe… Les gens sont toujours entrain de compter, de vouloir faire plus que les autres, ou même d’aller plus vite… C’est d’un ridicule. Le dicton qui dit que l’argent monte vite à la tête et rend les gens fous, a était prouvé plus d’une fois dans ce boulot. Avec Thomas, heureusement, nous n’avons jamais eu cette mentalité. Donc si vous aimez la compétition et que vous voulez gagner beaucoup d’argent, ce travail est fait pour vous, pour les personnes comme nous, un conseil, fuyez ! 

Finalement c’était une expérience pas forcément à vivre mais une expérience unique et hors du commun qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs mais surtout qui nous aura bien écœuré des kiwis pendant au moins 10 ans ! Cela  nous aura néanmoins permis de mettre de l’argent de côté sans pour autant trop dépenser. Il est très facile de trouver du travail en Nouvelle-Zélande que ce soit sur les réseaux sociaux, par le bouche-à-oreille ou en démarchant directement ! Maintenant place aux vacances, jusqu’à début août, et en route pour de nouvelles aventures pendant 17 jours, non loin de la Nouvelle Zélande. On se retrouve donc bientôt pour un nouvel article dans un nouveau pays du globe !

 

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